08 mars 2008

LE MODEM ET LES MUNICIPALES

Nouveau quitte ou double électoral pour le MoDem

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Par Elizabeth Pineau Reuters - Samedi 8 mars, 10h26
PARIS (Reuters) - Annoncé avec un score à deux chiffres dans nombre de villes, le Mouvement démocrate de François Bayrou pourrait jouer les trublions lors des élections municipales, un scrutin où le parti centriste joue son avenir.
Une question de crédibilité pour le MoDem, jeune parti riche en militants mais pauvre en élus fondé fin 2007 sur les cendres de l'UDF.
"Le long terme commence pour nous après les municipales", a dit François Bayrou lors d'une journée de campagne à Paris. "On pose les fondations, après on consolidera la maison".
Le schéma rappelle celui des législatives de juin dernier, qui avaient vu le MoDem présenter des candidats dans un maximum de circonscriptions mais récolter quatre députés seulement, moins d'un mois après la troisième place du député béarnais dans la course à l'Elysée (18,6% des voix au premier tour).
Pour ce scrutin municipal toutefois, le MoDem semble vouloir agir différemment, préférant les partenariats à l'indépendance.
"On sera dans une situation d'influence dans la quasi totalité des villes, mais on n'a pas vocation à rester sur nos ergots et provoquer des triangulaires pour les perdre", résume Eric Azière, responsable des élections au MoDem. "On a au contraire intérêt à se rassembler dans un esprit de partenariat, dans une démarche nouvelle".
Dimanche soir, les yeux seront tournés vers Paris, où le MoDem, crédité de 11% des voix selon un sondage Ipsos-Dell, pourrait s'entendre avec le maire socialiste Bertrand Delanoë, largement en tête dans les enquêtes d'opinion.
Malgré les appels de ce dernier, et de François Bayrou lui-même, la chef de file du MoDem dans la capitale, Marielle de Sarnez, n'a pas dévoilé sa stratégie avant le premier tour.
"Quand il y a des mains tendues, il faut que ce soient deux libertés qui se rencontrent. Et pas une domination ou une soumission", a-t-elle déclaré lors du dernier grand meeting du parti orange, mardi soir à la Mutualité.
Autre ville symbolique : Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, où François Bayrou s'est engagé dans une bataille serrée dont pourrait dépendre son devenir politique. "François Bayrou il est dans la reconstruction, dans l'action de reconquête et Pau est la première étape", explique une tête de liste MoDem à Paris.
"NOUS SERONS CRUCIAUX"
Le MoDem a présenté environ 370 têtes de liste dans les villes de plus 10.000 habitants et 160 dans celles de plus de 30.000 (sur un total de 230).
Conformément à la volonté de François Bayrou d'"arrêter la guerre entre les camps", mais avec le danger de brouiller son message, le MoDem a passé des accords de tous côtés.
A Bordeaux, par exemple, 15 membres du MoDem figurent sur la liste du maire UMP sortant, Alain Juppé. Mais deux nouveaux adhérents du MoDem ayant choisi de rejoindre le socialiste Alain Rousset ont été exclus.
Alain Juppé a même dit souhaiter une victoire de François Bayrou à Pau, ville dont le maire sortant, Yves Urieta, a reçu le soutien de l'UMP et la visite de Nicolas Sarkozy fin janvier.
Pour éviter l'hémorragie pré-législatives, qui avait vu nombre d'anciens UDF rejoindre le Nouveau Centre, nouvellement créé, la direction du MoDem a laissé les maires centristes sortants libres d'accepter le soutien de l'UMP.
C'est le cas de Bruno Joncour à Saint-Brieuc, d'Alain Cazabonne à Talence, de Jean-Marie Vanlerenberghe à Arras, de Robert Villenave à Anglet, de Didier Borotra à Biarritz, de Michel Laugier à Montigny-le-Bretonneux, d'Hervé Chevreau à Epinay-sur-Seine et de Nicole Rivoire à Noisy-le-Sec.
Des accords ont aussi été passés avant le premier tour avec la gauche à Grenoble, Roubaix, Dijon, Montpellier.
A Paris, le MoDem entrevoit de bons scores dans les Ve, XIIe, XIVe et XVIe arrondissements, où il est représenté par le chansonnier Philippe Meyer, l'ancienne ministre Corinne Lepage, Marielle de Sarnez et l'ex-président du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade.
Parmi les autres villes susceptibles de faire bon accueil aux listes MoDem, François Bayrou cite Metz, Rennes, Aix-en-Provence ou Perpignan. "Et dans beaucoup d'autres villes nous serons cruciaux", prédit-il.
Avec la contribution de Laure Bretton

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